Docteur
docteur #
1. DÉFINITION REÇUE #
Médecin, ou titulaire d’un doctorat, qu’on imagine en blouse blanche et qu’on remplace alternativement par un thésard sans poste ou par un consultant sans diplôme.
2. CE QU’ON DIT TOUJOURS #
- « Faut voir un docteur. »
- « C’est mon docteur. »
- « C’est un grand docteur. »
- « C’est un docteur de famille. »
- « C’est devenu un désert médical. »
- « C’est un docteur miracle. »
- « C’est un docteur charlatan. »
- « C’est devenu Doctolib. »
- « C’est un docteur ès lettres. »
- « C’est un docteur en philo. »
- « C’est un docteur sans poste. »
- « Faut respecter les docteurs. »
- « C’est l’éternel docteur. »
- « C’est devenu un docteur business. »
- « C’est un docteur en rupture. »
3. IMAGES ET MÉTAPHORES OBLIGATOIRES #
La blouse blanche. Le stéthoscope. Le cabinet médical. Doctolib avec son logo. Le médecin de famille. Le serment d’Hippocrate. Le docteur Knock. Le docteur House. Le « docteur Ross » d’Urgences. Le docteur en thèse à la Sorbonne. La médaille de doctorat. Le titre « PhD ».
4. FAUX DÉBATS ET OPPOSITIONS FACILES #
Docteur / médecin. Docteur en médecine / lettres. Médecine / charlatan. Hôpital / clinique. Public / privé. Famille / spécialiste. Doctolib / cabinet. Reconnu / contesté.
5. MORALES PRÊTES À L’EMPLOI #
- « Faut voir un docteur. »
- « Faut respecter les docteurs. »
- « C’est devenu un désert médical. »
- « C’est un grand docteur. »
- « Sans docteur, pas de société. »
- « Faut former plus de docteurs. »
6. PHRASES PSEUDO-PROFONDES #
« Le docteur est moins un savoir qu’un consentement à se soigner. » « Toute société se mesure à la place qu’elle fait à ses docteurs. » « Le docteur est l’autre nom de la confiance déléguée. » « Sans docteur, pas de soin ; trop de docteurs, plus de soin. » « Le docteur ès lettres et le docteur en médecine partagent moins qu’on ne croit. » Convient à un livre de Cynthia Fleury (Le soin est un humanisme), à un essai de Foucault (Naissance de la clinique), à un texte de Knock.
7. CLICHÉS PAR MILIEU #
- Médias : « le docteur de famille », « désert médical », sujets santé.
- Entreprises : « médecine du travail », « docteur en management ».
- Politiques : « numerus clausus », « lutte contre les déserts médicaux ».
- Intellectuels : Cynthia Fleury sur le soin ; Foucault sur la clinique.
- Consultants : « doctor-patient experience », « healthcare advisor ».
- Réseaux sociaux : Doctolib, témoignages, « j’ai trouvé mon docteur ».
- Publicité : laboratoires pharmaceutiques, mutuelles, Doctolib.
- Conversations ordinaires : « tu as un docteur ? », question pratique.
8. CONTRADICTIONS COURANTES #
Le docteur est savant et charlatan. Médecin et thésard. Public et privé. À respecter et à interroger. Le « docteur miracle » et le « docteur charlatan ». Le « grand docteur » et le « docteur fatigué ». Le titre est noble et galvaudé.
9. CE QUE CES CLICHÉS EMPÊCHENT DE PENSER #
Que comme l’a montré Cynthia Fleury dans Le soin est un humanisme, le métier de docteur est en crise — bureaucratisation, réduction du temps de consultation, marchandisation. Et que le titre « docteur » a une histoire longue : il vient des universités médiévales (clergé). Aujourd’hui, on appelle « docteur » même les détenteurs de PhD en littérature, ce que les médecins n’apprécient pas toujours.
10. VERSION « PERSONNE QUI VEUT PARAÎTRE INTELLIGENTE » #
« Foucault, dans Naissance de la clinique, a fait l’archéologie de la médecine moderne : le “docteur” est l’aboutissement d’une rationalisation médicale du XIXe siècle. Cynthia Fleury, dans Le soin est un humanisme, alerte sur la crise contemporaine : bureaucratisation, marchandisation. Le métier change vite — Doctolib a transformé l’accès, le numerus clausus a créé les déserts médicaux. Et “docteur” comme titre : ce n’est pas que la médecine — c’est tout détenteur de PhD. La confusion sémantique est déjà politique. »
11. ENTRÉE SATIRIQUE FINALE #
Docteur : médecin ou titulaire de doctorat, qu’on appelle ainsi sans toujours savoir lequel mérite le plus le respect.
12. RÉSUMÉ DU LIEU COMMUN CENTRAL #
Faut voir un docteur — c’est ce qu’on dit avant de découvrir qu’il n’y en a plus dans son département.