Index Lettre M

Maquillage

maquillage #

1. DÉFINITION REÇUE #

Application de produits cosmétiques sur le visage, qu’on convoque pour parler beauté (« le maquillage embellit »), tromperie (« masque, fard »), industrie (« le marché du maquillage »), et politique (« maquillage statistique »).

2. CE QU’ON DIT TOUJOURS #

  • « C’est le maquillage. »
  • « C’est trop maquillée. »
  • « C’est un maquillage léger. »
  • « C’est devenu un maquillage discret. »
  • « C’est l’éternel maquillage. »
  • « C’est le no-make-up. »
  • « C’est le maquillage permanent. »
  • « C’est le maquillage des chiffres. »
  • « C’est le maquillage de cinéma. »
  • « C’est le maquillage théâtral. »
  • « C’est dans le maquillage qu’on est. »
  • « C’est l’âme du paraître. »
  • « C’est se cacher derrière le maquillage. »
  • « C’est sans maquillage. »
  • « C’est maquillage et féminité. »

3. IMAGES ET MÉTAPHORES OBLIGATOIRES #

Le rouge à lèvres rouge. Le mascara. Le « smoky eyes ». La trousse de maquillage. La Sephora. La « no-makeup look » (maquillage qui imite l’absence). Les tutoriels YouTube/TikTok. RuPaul’s Drag Race et le maquillage drag. Le « maquillage de scène ». Le « maquillage corporate » (sobre). Le « maquillage politique » des chiffres trafiqués.

4. FAUX DÉBATS ET OPPOSITIONS FACILES #

Maquillage / naturel. Discret / outrancier. Féminin / drag. Quotidien / scénique. Privé / public. Choisi / imposé. Léger / lourd.

5. MORALES PRÊTES À L’EMPLOI #

  • « C’est trop maquillée. »
  • « C’est l’éternel maquillage. »
  • « C’est l’âme du paraître. »
  • « C’est sans maquillage. »
  • « Faut un maquillage léger. »
  • « C’est le maquillage est libérateur. »

6. PHRASES PSEUDO-PROFONDES #

« Le maquillage est moins un apprêt qu’un consentement à se transformer. » « Toute société se mesure au maquillage qu’elle attend. » « Le maquillage est l’autre nom du paraître assumé. » « Sans maquillage, pas de scène ; sans scène, plus de maquillage. » « Le maquillage discret est l’envers du maquillage outrancier. » Convient à un livre de Naomi Wolf (The Beauty Myth), à un essai de Mona Chollet (Beauté fatale), à un texte de Roland Barthes sur le visage de Garbo.

7. CLICHÉS PAR MILIEU #

  • Médias : « la femme se démaquille », symbole de la mère ; « no-makeup look ».
  • Entreprises : maquillage « corporate » sobre attendu pour les femmes ; pas pour les hommes.
  • Politiques : « maquillage des chiffres », accusation politique récurrente.
  • Intellectuels : Naomi Wolf (The Beauty Myth, 1991) ; Mona Chollet (Beauté fatale, 2012) ; Roland Barthes (Mythologies sur Garbo) ; Annette Brauer.
  • Consultants : « personal branding », appearance management.
  • Réseaux sociaux : tutos beauté massifs (YouTube, TikTok) ; #nomakeup ; débats body positivity.
  • Publicité : Sephora, L’Oréal, Estée Lauder, MAC — industrie massive (~80 milliards USD).
  • Conversations ordinaires : « tu es maquillée ? », question genrée ; « trop maquillée », jugement.

8. CONTRADICTIONS COURANTES #

Le maquillage est libération (s’affirmer, jouer) et obligation (les femmes maquillées au travail gagnent en moyenne plus selon enquêtes — pression implicite). « No-makeup look » est paradoxal — beaucoup de maquillage pour avoir l’air de ne pas en porter. Le maquillage masculin est en croissance (Boy de Chanel, 2018) mais marginal. Le « maquillage des chiffres » est expression politique courante — accusation de falsification statistique (souvent réelle, parfois rhétorique).

9. CE QUE CES CLICHÉS EMPÊCHENT DE PENSER #

Que comme l’a documenté Naomi Wolf dans The Beauty Myth (1991), le maquillage est l’un des dispositifs de l’« injonction esthétique » massive qui pèse sur les femmes — pas un choix individuel libre. Et que comme l’a posé Mona Chollet dans Beauté fatale (2012), l’industrie cosmétique (~80 milliards USD) prospère sur l’auto-dévalorisation systématique des femmes — culpabilisation du visage non-modifié.

10. VERSION « PERSONNE QUI VEUT PARAÎTRE INTELLIGENTE » #

« Naomi Wolf, dans The Beauty Myth (1991), a documenté la “tyrannie esthétique” comme dispositif de contrôle des femmes — le maquillage en est l’un des outils. Mona Chollet, dans Beauté fatale (2012), a analysé l’industrie de la beauté en France (~10 milliards € en France, ~80 milliards USD mondialement). Roland Barthes, dans Mythologies (1957), avait sociologisé le “visage de Garbo” — la star comme construction maquillée. Annette Brauer travaille les usages contemporains. Le maquillage masculin est en croissance mais reste marginal — Boy de Chanel (2018), Tom Ford, plusieurs marques masculines premium. »

11. ENTRÉE SATIRIQUE FINALE #

Maquillage : application de produits cosmétiques sur le visage qu’on déclare « légère » à condition qu’elle prenne deux heures.

12. RÉSUMÉ DU LIEU COMMUN CENTRAL #

Sans maquillage — c’est ce qu’on dit pour décrire un visage qui en a beaucoup pour avoir l’air de n’en pas porter.

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